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Semaine des femmes par le Knowledge Hub : les Gender Studies

05 mars 2021

Questions à Camilla Quental : les Gender Studies à Audencia

Dans le cadre de la Semaine des droits de la femme organisée par le Knowledge Hub, nous avons décidé de nous pencher sur la recherche à Audencia, notamment celles portant sur les rapports de genres : les gender studies. Nous avons posé quelques questions à Camilla Quental, professeure associée de Management.

Les études de genre forment un champ de recherche pluridisciplinaire qui étudie les rapports sociaux entre les sexes. Le genre est considéré comme une construction sociale et est analysé dans tous les domaines des sciences humaines et sociales. De manière générale, les études de genre proposent une démarche de réflexion et répertorient ce qui définit le masculin et le féminin dans différents lieux et à différentes époques, et s’interrogent sur la manière dont les normes se reproduisent.

 

 Peux-tu nous faire un petit état des lieux des « Gender studies » à Audencia ?

                Quand je suis arrivée il y a 11 ans, Christine Naschberger travaillait déjà sur les questions du genre, de la diversité, du handicap; j'ai été embauchée dans cette logique-là puisque ma thèse portait sur le même sujet.  Au fur et à mesure, nous avons constaté qu’Audencia embauchait un certain nombre de personnes ayant auparavant fait des travaux qui questionnaient le genre, d’une façon ou d’une autre : par exemple dans l’entrepreneuriat, ou par le prisme de la question de la diversité dans les organisations, et cela avec ou sans approche féministe. L’an dernier, nous avions proposé à Gender, work and organization, une revue académique, d’accueillir une de leurs conférences dans nos locaux, et –bien que ça n’a finalement pas eu lieu- nous nous sommes aperçus que nous étions une douzaine de personnes à nous être rassemblées autour ce projet. 

Tout cela fait écho à la question de l’inclusivité, qui est au cœur du plan stratégique 2025.

                Effectivement l’inclusion est aujourd’hui encore plus importante via le plan stratégique, mais quand je suis arrivée, la diversité et l’équité étaient déjà des questions prégnantes notamment dans le cadre de la RSE : par exemple, Négotraining (lancé en septembre 2017). Il y a eu pas mal de choses positives qui se sont passées depuis que j’ai commencé à travailler à l’école. Mais il est important de dire aussi que malgré toutes les avancées, il y a encore beaucoup à faire, et d’ailleurs la pandémie a encore accentué les inégalités, même au sein des familles.

Qu’est-ce qui t’a amenée à travailler sur ce sujet-là ?

                Je suis Brésilienne d’origine, et j’ai fait mon mémoire de master sur l’équilibre vie professionnelle / vie privée des femmes entrepreneures au Brésil. Quand j’ai commencé mes études pour le doctorat, j’ai continué de creuser la question, et accompagnée par une directrice spécialiste de ce sujet, j’ai fait une thèse sur les femmes dans les cabinets de conseil en me demandant pourquoi il y avait si peu de femmes dans les postes d’associés. En me penchant sur cette question de l’équilibre vie professionnelle / vie privée, il est ressorti que les femmes avaient plus de défis à relever au quotidien, et mon positionnement personnel a évolué avec mon travail. D’une étude tournée vers les organisations, aujourd’hui je m’intéresse à la question des femmes plus largement, et d’une façon plus critique aussi. Je m’assume aussi en tant que féministe, ce que je n’étais pas prête à faire auparavant.

Tu parles d’une évolution dans ta propre perception des rapports de genre, au fur et à mesure de tes recherches : qu’en est-il des étudiants ? As-tu noté une évolution dans leur perception des notions de genre, de la question des inégalités, depuis le début de ta carrière ?

                Je le constate ponctuellement. J’aborde cette thématique depuis longtemps, et il y a encore 8-10 ans, certains étudiants ne comprenaient pas encore aussi bien mon propos, et intervenaient pour dire « pourquoi parle-t-on de ça, ces questions sont déjà résolues ». Pourtant, à l’époque, on a déjà eu des étudiantes, venues demander pourquoi les cas étaient toujours masculins, pourquoi il n’y avait pas de cas de femmes PDG ou cheffe d’entreprise. Cette demande n’est donc pas récente, mais aujourd’hui, selon moi, les personnes sont plus réceptives, les mouvements de libération de la parole ont permis une prise de conscience générale. J’ai été positivement impressionnée, récemment, par les choix des membres d’Isegoria, qui ont invité deux femmes politiques de partis différents, ainsi que par les questions qu’ils leur ont posées. Je m’étais dit qu’ils semblaient très au fait des questions actuelles, des livres récents sur le sujet. J’ai espoir que le changement viendra de cette génération !

 

Pour aller plus loin :

The Pandemic and the female academic ; Minello, A (2020.) Nature.

Reportage au Brésil au cœur de la favela des femmes ; Pain, J., Perragain, C. (2018). Axelle.be.

Ocupação Esperança. La favela féministe ; Hemmerich, M. (2019). Philosophie magazine.

 

Etat des lieux des recherches récentes réalisées par les professeures d'Audencia :


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